Le futur CMI saoudien, une opportunité française ?

Une industrie de défense nationale est le reflet d’une volonté politico-économique d’un Etat afin de faire face aux menaces et aux défis potentiels. Ainsi, trois principales forces peuvent motiver un Etat pour développer une industrie de defense: (i) la croissance économique induite par la présence d’une industrie de défense souveraine (ii) le renforcement du pouvoir politique résultant de la capacité de son organisation militaire à répondre aux besoins de la politique étrangère du pays et enfin (iii) l’établissement rapide de la victoire militaire lors d’un conflit.

Le royaume d’Arabie saoudite ne fait pas exception à la règle. Ainsi, à l’occasion des nouveaux rebondissements/défis géopolitiques, économiques et militaires qui se résument par :

  • Le désengagement partiel des Etats Unis de la région du Moyen Orient au profit d‘un «pivot » axé autour de l’Asie du Sud Est dans le but de contrer le concurrent chinois (la levée des restrictions d’export de matériel militaire pour le viétnam en témoigne).
  • La dépendance économique vis-à-vis du cours du pétrole brut actuellement déprimé obligeant le Royaume de puiser dans ces réserves de change.
  • le réveil du « concurrent » iranien qui, suite à la levée des sanctions, attise les convoitises des occidentaux le conduisant à accompagner sa future croissance économique par une augmentation de ses dépenses militaires dans le but de renouveler une partie de son équipement militaire considéré technologiquement obsolète (des discussions sont en cours avec la Russie pour acheter des T-90A et des SU-30SM). Ce renouveau de la nation chiite va compliquer la donne en ajoutant ainsi une carte supplémentaire lui permettant de contrebalancer l’influence saoudienne dans sa zone d’influence (Liban, Irak, Syrie, Yemen).
  • Les leçons tirées de la campagne militaire saoudienne contre les rebelles houthis ont montré la nécessité de remplacer certains équipements (en particuliers les chars Abrams qui, contrairement aux Leclerc émiratis, se sont avérées particulièrement vulnérables contre les missiles antichars de type kornet) et souligné la dépendance du Royaume vis-à-vis a des fournisseurs occidentaux habituels

Lors de la présentation de son ambitieux plan de transformation économique du Royaume à l’horizon 2030,  le vice-prince héritier Mohammed Ben salmane ben Abdulaziz déplora l’abscence d’une « industrie militaire souveraine » dans un contexte où le royaume occupe la troisième place en matière de depenses militaires et annonca la creation, au premier trimestre de 2017, d’un holding militaire dont le but est de créer une industrie souveraine capacble de satisfaire 30 a 50% de la commande du pays.

Cette déclaration, bien qu’elle soit assez ambitieuse dans un pays manquant actuellement de l’infrastructure adequate, bouleverse clairement l’actuel « way of business » de l’industrie d’armement mondiale. En suivant les pas de son voisin emirati, l’annonce de MBS indique un regain d’intérêt en matière d’offsets, certes présents mais actuellement sous exploités. C’est également le cas pour d’autres mécanismes contractuels permettant d’une part de faire bénéficier l’économie locale des retombées des contrats militaires et d’autrepart affirmer sa puissance régionale en reduisant progressivement la dependance vis-à-vis des contractants étrangers.

Dans ce contexte, il est necessaire pour la France de profiter des bonnes relations bilatérales avec le Royaume afin de proposer (i) la participation de l’arabie saoudite dans le d2veloppement et la production de nouvelles plateformes d’armements (le nouveau char franco-allemand semble être un candidat idéal compte tenu des besoins du royaume de remplacer ses chars Abrams), (ii) proposer plus de transfert de technologie et de meilleurs conditions d’offsets lors des futures contrats profitant ainsi des restrictions des normes ITAR americaines qui risquent de compliquer le travail des concurrants americains  (iii)  profiter de la mise en place du Public Investment Fund et de financer les PME francaises innovantes avec pour contrepartie, le developpement et la fabrication de ces produits de défense sur le sol saoudien.

Ces mesures s’avèrent aujoud’hui necessaires afin de positionner Paris en tant que principal fournisseur en tant que principal fournisseur de materiel de defense et de technologie pour royaume. Ceci dans un contexte de forte concurrence entre les fournisseurs de matériels de défense et qui se decrit par une simple expression d’un ministre de l’administration hollande « si ce n’est pas nous, ca sera forcément les autres »..

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